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Español (Espagnol)
Au travers des lettres des migrants, conservées par les familles, on peut imaginer le vécu de nos cousins dans cette période du 19ème siècle.
Les lettres de l’époque commence à nous être transmises côté français. Un long travaille a commencé pour transcrire ces lettres afin qu’elles soient lisibles dans les deux langues.
Cette lettre montre bien trois choses typiques des correspondances d’émigrants :
– Encourager la famille à venir
– Montrer que la terre est abondante
– Prouver que la situation est meilleure qu’en Europe
C’est ce qui ressort quand Jacques-François Bouvet écrit : « Ce n’est pas la terre qui manque »
Le passage le plus intéressant de cette lettre est celui où Jacques-François Bouvet décrit la taille de sa propriété. Il écrit : « Dis-lui que nous avons un kilomètre de large sur deux de long, soit 600 journaux de Savoie. »
Un détail qui nous aide à comprendre la réalité des colons savoyards en Argentine.
Jacques-François Bouvet explique que sa propriété mesure :
– 1 km de large
– 2 km de long
Soit environ 2 km², c’est-à-dire 200 hectares.
Pour un paysan savoyard du XIXᵉ siècle, c’est immense.
À titre de comparaison :
Lieu | Surface moyenne |
Petite exploitation savoyarde (1850) | 3 à 8 hectares |
Bonne ferme en Chablais | 10 à 15 hectares |
Concession agricole en Argentine | 50 à 200 hectares |
Cela peut expliquer pourquoi beaucoup d’émigrants écrivent à leur famille : « La terre ne manque pas en Amérique. »
Jacques-François Bouvet convertit lui-même la surface en mesure savoyarde pour être compris par les siens.
Un journal de Savoie ≈ 29,5 ares (0,295 hectare). Donc : 600 journaux ≈ 177 hectares
Ce qui correspond très bien aux 200 hectares approximatifs qu’il décrit.
D’après nos recherches, les colonies agricoles d’Argentine (Santa Fe, Entre Rios, etc.), les terres devaient souvent être attribuées ainsi :
– 100 à 200 hectares par famille
– Paiement progressif
– Parfois remboursé par les récoltes
Les colons européens (Suisses, Savoyards, Italiens) pouvaient recevoir :
– Une maison simple
– Du bétail
– Une parcelle cultivable
C’est ce système qui aurait permis la création de colonies comme :
– Esperanza (1856)
– San José
– Villa Urquiza
– Colón
Jacques-François Bouvet écrit : « Le chemin de fer passe sur mon terrain… nous sommes à trois cents mètres de la gare. »
C’est un indice intéressant car dans les années 1880, l’Argentine construit un vaste réseau ferroviaire pour :
– Exporter les céréales
– Développer les colonies agricoles.
Pour un colon, avoir la gare proche devait signifier :
– Vendre plus facilement
– Transporter les récoltes
– Voir la valeur de la terre augmenter.
Jacques-François Bouvet en est visiblement très fier.
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