Un patrimoine laissé par les Migrants

autre langue - otro idioma : Español (Espagnol)

Au travers des lettres des migrants, conservées par les familles, on peut imaginer le vécu de nos cousins dans cette période du 19ème siècle.

Les lettres de l’époque commence à nous être transmises côté français. Un long travaille a commencé pour transcrire ces lettres afin qu’elles soient lisibles dans les deux langues.

Octobre 1887 - Lettre de jacques François Bouvet à sa fille Marie, restée en France

Cette lettre montre bien trois choses typiques des correspondances d’émigrants :
– Encourager la famille à venir
Montrer que la terre est abondante
Prouver que la situation est meilleure qu’en Europe
C’est ce qui ressort quand Jacques-François Bouvet écrit : « Ce n’est pas la terre qui manque »

Le passage le plus intéressant de cette lettre est celui où Jacques-François Bouvet décrit la taille de sa propriété. Il écrit : « Dis-lui que nous avons un kilomètre de large sur deux de long, soit 600 journaux de Savoie. »
Un détail qui nous aide à comprendre la réalité des colons savoyards en Argentine.

Une indication sur la taille des terres

Jacques-François Bouvet explique que sa propriété mesure :
1 km de large
2 km de long
Soit environ 2 km², c’est-à-dire 200 hectares.
Pour un paysan savoyard du XIXᵉ siècle, c’est immense.

À titre de comparaison :

Lieu

Surface moyenne

Petite exploitation savoyarde (1850)

3 à 8 hectares

Bonne ferme en Chablais

10 à 15 hectares

Concession agricole en Argentine

50 à 200 hectares

Cela peut expliquer pourquoi beaucoup d’émigrants écrivent à leur famille : « La terre ne manque pas en Amérique. »

Le « journal de Savoie »

Jacques-François Bouvet convertit lui-même la surface en mesure savoyarde pour être compris par les siens.

Un journal de Savoie29,5 ares (0,295 hectare). Donc : 600 journaux ≈ 177 hectares

Ce qui correspond très bien aux 200 hectares approximatifs qu’il décrit.

Le contexte de colonisation

D’après nos recherches, les colonies agricoles d’Argentine (Santa Fe, Entre Rios, etc.), les terres devaient souvent être attribuées ainsi :
100 à 200 hectares par famille
– Paiement progressif
– Parfois remboursé par les récoltes

Les colons européens (Suisses, Savoyards, Italiens) pouvaient recevoir :
– Une maison simple
– Du bétail
– Une parcelle cultivable

C’est ce système qui aurait permis la création de colonies comme :
Esperanza (1856)
San José
Villa Urquiza
Colón

Le chemin de fer : autre indice historique

Jacques-François Bouvet écrit : « Le chemin de fer passe sur mon terrain… nous sommes à trois cents mètres de la gare. »
C’est un indice intéressant car dans les années 1880, l’Argentine construit un vaste réseau ferroviaire pour :
– Exporter les céréales
– Développer les colonies agricoles.
Pour un colon, avoir la gare proche devait signifier :
– Vendre plus facilement
– Transporter les récoltes
– Voir la valeur de la terre augmenter.
Jacques-François Bouvet en est visiblement très fier.

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